Y aurait-il de l’eau dans le jazz?

Du pire au meilleur …..

par Olivier Benizeau

« Soul sessions » – NEW MORNING – Paris

Jeudi 27 Février 2014

C’est un défi de donner des regrets aux lecteurs qui n’ont pas assisté à un concert chroniqué mais est ce grave de les convaincre qu’ils ont bien fait de rester chez eux….

La soirée « Soul Sessions » était organisée par Etienne NEE DUPUY, plus connu des amateurs de groove sous le pseudonyme d’ATN, « digger » et DJ réputé.

Trois sets étaient proposés pour un prix des places très abordable (Heureusement).

Le premier confié à « ZAMUA », groupe de Folk/Soul (genre « Los Ringardos » ndlr) s’est révélé « dispensable » comme l’on dit dans certains magazines de musique.

Rebecca DRY (2)Le second donnait l’occasion de revoir et de réécouter la chanteuse britannique Rebecca DRY  (nom qu’elle a du mal à porter, vous saurez pourquoi !) dans un registre soul/vintage du meilleur effet. Notre plantureuse artiste s’est révélée « hyper groovy » comme disent les jeunes, tout au long de sa prestation, et le groupe l’accompagnant (RADEK AZUL Band, de Montreuil, on ne rit pas) était à l’unisson. Au passage, un grand bravo aux techniciens du son du NEW MORNING.

Le seul petit bémol avec Rebecca, c’est son physique qui au fil du temps, trahit de plus en plus son goût prononcé pour la bière. D’ailleurs à ce sujet, j’ai eu l’occasion de constater, l’année dernière, que la « miss » avait une « descente » qui pourrait ravaler les chutes du Niagara au rang d’un aimable compte-gouttes !!! Mais quel talent vocal, quelle présence sur scène. Toutefois, j’aimerais l’entendre, un jour, accompagnée par un groupe plus chevronné dans le style « Boney FIELDS & Boney’s Project » par exemple (un habitué du New Morning).

J’allais oublier, au sein du Radek …. il y a une choriste, d’origine africaine selon Rebecca, dont le plumage et le ramage sont en parfaite harmonie. Waouh … Mais je m’égare.

Cédant à la fatigue, je n’ai pas assisté, je l’avoue, au dernier set, celui de « Lena & Deep Soul », groupe Funk de Montpellier (no comment). Dois-je le regretter ?

« ATN » va me tuer !!!!

 

Studio de l’Ermitage – Paris

Vendredi 28 Février 2014

AKALE WUBE –

Paul BOUCLIER : trompette, krar, percussions ; Etienne de la SAYETTE : saxophones, flûtes, percussions ; Loïc RECHARD : guitare ; Olivier DEGABRIELE : basse ; David GEORGELET : batterie

Pour les « grincheux », oui j’aime le Studio de l’Ermitage où je n’ai ni mes pantoufles, ni mon rond de serviette et encore moins mon nom gravé sur le comptoir du bar, allez-y et vous comprendrez, oui j’aime AKALE WUBE depuis la première écoute, c’est un des meilleurs groupes européens d’éthio-jazz (étiquette un peu réductrice) si ce n’est le meilleur.

En écrivant ces quelques lignes « Metché Nèw », morceau emblématique du groupe, me trotte dans ma tête. C’est tout me direz-vous ?

Les elles du tambour et Akale Wube 4 (2)Non, en première partie les « Elles du Tambour », cela pourrait être celles du désir (je n’ai pas pu l’éviter) quand je regarde Akiko mais surtout ne lui répétez pas.

« Les Elles du Tambour » ce sont cinq jeunes femmes qui allient avec talent grâce et énergie, voilà que je fais dans le poncif, décidément rien ne vous sera épargné, Cinq percussionnistes donc (la formation d’origine née en 2007 n’en comptait que trois) qui interprètent, avec une touche très personnelle, une musique très dynamique et variée reposant sur les rythmes traditionnels de l’Afrique de l’Ouest.

Ces dames ont sorti un album éponyme en 2012 que je vous recommande chaudement.

Avis aux organisateurs de concerts et de festivals, l’agenda de ces talentueuses artistes a besoin d’être rempli. N’hésitez pas, vous ne le regretterez pas.

Akiko HORII : percussions, voix, compositions, arrangements ; Emmanuelle MOUSSET : percussions, voix ; Christine FABRE : percussions, voix ; Amel SADADOU : percussions, voix ; Stéphanie VALENTIN : percussions, voix.

Quand les femmes sont aux tambours, les hommes ne roulent pas leurs caisses ! Au fait, où étaient les hommes forts ?

Sans certitude, peut-être les reverrez-vous au Studio de l’Ermitage si mon groupe préféré d’éthio-jazz veut bien les inviter lors de leurs prochains concerts les 29 mars et 25 Avril prochains, et en mai…

Un dernier mot, je sais la direction de la rédaction m’avait dit de faire court : AKALE WUBE qui interprète le répertoire de l’âge d’or éthiopien, découvert pour beaucoup d’entre nous dans la remarquable collection « Ethiopiques » de Francis FALCETO, a su éviter l’écueil du copier-coller, en apportant une touche très personnelle et néanmoins respectueuse à cette musique et c’est ce qui fait tout l’intérêt de ce groupe. Son prochain album sortira en Septembre 2014. J’y reviendrai.

Au moment où j’expliquais à la directrice de la rédaction que j’avais dû zapper le concert du samedi en raison d’une grosse fatigue, l’éditeur (ne cherchez pas l’organisation hiérarchique de ce journal est très compliquée !) avec son regard ombrageux des grands jours, vous savez ceux qui vous voient brusquement affecté sans prévenir à la « cronaca nera », m’a demandé « mais de quelles percussions jouent les Elles ? ».

Comme je suis un bon petit soldat, je m’y suis collé. Ces dames jouent des instruments suivants :

Balafon : sorte de xylophone d’Afrique Occidentale

Krin : tambour à fentes de la Guinée Forestière

Djembé : tambour d’origine mandingue

Shekere : instrument de percussion idiophone (pas à cordes, pas à membranes, ni à vent) africain qu’on retrouve aussi au Brésil et à Cuba ; Il peut être secoué, frappé sur la main,  utilisé en rotation, lancé et récupéré en rythme.

Kashishi : instrument idiophone africain de diverses formes suivant les pays, tenu à la main et qui est secoué.

Kenkeni, Dundun, Sangban : tambours de la famille des dum dum (rien à voir avec les balles !) originaires de l’Empire Mandingue qui comprenait autrefois le Burkina Faso (ex Haute Volta), la Guinée, le Mali et la Côte d’Ivoire.

C’était mon quart d’heure d’ethnomusicologie ! Il est content l’éditeur ?

Ce fut une superbe soirée. Bravo et merci au groupe « Les Elles du Tambour », à AKALE WUBE, et à Yamilé, à Chadly et à toute l’équipe du Studio de l’Ermitage.

Etablissement recommandé

 

 

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